La représentation du couple homosexuel au cinéma est le plus souvent a des années lumières de la banale réalité. Les hommes sont au choix: des folles tordues, les victimes d'un plaisir interdit ou sont alors carrément à la limite de la gêne. Quant au couple lesbien, il est en général constitué de camioneuses ou de femmes très très très libérées (en gros des folles du cul). The kids are all right arrive à point nommé pour rétablir les choses.Narrant les mésaventures d'un couple lesbien qui va voir sa vie tranquille chamboulée par l'arrivée du géniteur de leurs deux enfants, The kids are all right a le grand mérite d'être ancré dans la réalité, celle des couples banals, qu'ils soient hétéros ou homos. Cette promiscuité avec les personnages (qui facilite grandement l'identification) est bien entendu la grande force du métrage, mais aussi sa principale faiblesse. Car à vouloir à tout prix rendre les choses tout à fait "normales", la cinéaste Lisa Cholodenko, déjà responsable du très joli High art, enlève toute originalité à son film, et perd du coup le spectateur un poil endormi.
En effet, la cinéaste pose des questions pertinentes et très intéressantes (doit-on s'immiscer dans la vie de "ses" enfants et tenter avec eux une vraie relation parent / enfants quand on est "que" leur géniteur ?) mais les délaisse assez rapidement au profit d'une sempiternelle histoire de couple à la dérive.
On ne peut également qu'avoir un léger goût amer dans la bouche lors d'un final où le "père" est injustement éliminé de l'équation comme un vulgaire parasite, la réalisatrice répondant avec une violente négation à la question: un enfant a-t-il besoin d'un modèle masculin quand il a déjà deux mères ?
Malgré ses défauts, l'ensemble du film se révèle très agréable, drôle, jouant merveilleusement avec le côté absurde de certaines situation. L'interprétation est d'une justesse exemplaire, que ce soit le couple vedette (Annette Bening et Julianne Moore sont d'un naturel surprenant) où les enfants joués par Mia Wacikowska et Josh Hutcherson. Quand à Mark Ruffalo, il est tout simplement irrésistible en géniteur un brin paumé, tout en étant franchement touchant.
Au final, si Lisa Cholodenko passe à côté d'un beau sujet et se montre un rien partisane, elle a le mérite de ne pas sombrer dans le film à thèse et surtout de montrer le couple homosexuel dans toute sa banalité.











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